Édito …
Ne pas perdre sa vie à la gagner !
Depuis la reprise, deux accidents très graves se sont produits à l’usine de Pont-à-Mousson, dont l’un aurait pu avoir des conséquences dramatiques, voire mortelles.
Ils viennent s’ajouter à plusieurs accidents sérieux survenus cette année. Au total, nous comptabilisons déjà 108 faits accidentels, de gravité variable.
Comment ne pas rappeler que, derrière ces chiffres, il y a des femmes et des hommes ? Des collègues blessés, des familles inquiètes et des équipes touchées.
On vient travailler pour gagner sa vie, certainement pas pour la perdre.
Face à cette situation, nous devons nous interroger sur l’efficacité réelle de notre prévention. Évaluer les risques, définir les modes opératoires, élaborer les plans de prévention, les procédures… Force est de constater que ces documents ne sont pas toujours à jour ni adaptés à la réalité du terrain.
Parfois considérés comme de la « paperasse », ils doivent pourtant permettre d’identifier les risques et de mettre en place des mesures de prévention efficaces et adaptées.
Il faut aussi regarder nos pratiques en face : trop souvent, des écarts significatifs sont connus, banalisés, voire tolérés, parce que « l’on a toujours fait comme ça », qu’il faut avancer ou que la production attend.
Un écart toléré aujourd’hui peut être à l’origine de l’accident de demain.
Après 108 faits accidentels depuis le début de l’année, cette situation ne peut être ni banalisée ni considérée comme une fatalité.
Chaque événement doit être analysé et conduire à des actions concrètes, en associant les salariés qui connaissent la réalité du terrain.
Un risque identifié doit être traité, un document obsolète actualisé, une mesure inefficace remise en question. La sécurité ne doit jamais passer derrière les impératifs de production.
À Pont-à-Mousson, notre exigence est simple : chacun doit pouvoir prendre son poste et rentrer chez lui en bonne santé auprès des siens.
Parce qu’aucune tonne produite, aucune opération de maintenance, aucun délai respecté, aucun objectif atteint et aucun résultat économique ne vaudront jamais une vie.
Notre travail doit nous permettre de vivre. Jamais de perdre notre vie à la gagner.

Activité :
Marche des installations :

Indicateur d’intéressement :

Le bilan du mois :
Les informations contenues dans les rubriques » Les faits marquants « , » Carnet de commandes » et » Résultats économiques » sont considérées comme sensibles et pourraient être utilisées par nos concurrents. Elles ne sont disponibles uniquement sur la version papier distribuée aux portes de l’établissement.
La question du mois :
Quelle activité d’ici la fin de l’année et quelles perspectives pour le budget 2027 ?
Les perspectives d’activité se précisent pour les derniers mois de l’année à l’usine de Pont-à-Mousson. Dès la semaine 44, la baisse de charge va se traduire concrètement sur les chantiers, avec un seul GDN et un seul poste au 6 mètres.
Cette situation aura des conséquences sur les effectifs et l’organisation du travail. Elle intervient dans un environnement économique et international incertain, alors même que débute la préparation des budgets 2027 des différents établissements.
Les premiers scénarios qui circulent pour l’année prochaine sont encore très provisoires. Pour être tout à fait honnête, il s’agit de « bruits de couloir », mais de bruits suffisamment insistants pour que nous les ayons entendus. Et ils font apparaître un niveau d’activité particulièrement faible.
D’ici la fin de l’année : l’activité baisse
Un seul GDN et un seul poste au 6 mètres dès la semaine 44
À compter de la semaine 44, l’usine devrait fonctionner avec un seul GDN et un seul poste au 6 mètres.
Cette réduction de l’activité entraînera une adaptation de l’organisation des chantiers et des effectifs.
Pour les salariés en CDI, des mobilités à l’intérieur de l’usine devraient être proposées afin de répondre aux besoins des différents secteurs. Elles devront être regardées avec attention : postes proposés, horaires, métiers concernés, formation nécessaire et conséquences sur les conditions de travail.
Pour les intérimaires, les conséquences seront plus directes puisque de nombreux contrats devraient prendre fin.
Intérim : des contrats qui s’arrêtent, des compétences qui partent
Depuis de nombreux mois, le fonctionnement de certains chantiers repose en partie sur la présence des intérimaires. Ces derniers travaillent quotidiennement aux côtés des salariés en CDI et participent pleinement à la production.
Ils ont été formés sur nos installations, ont appris nos métiers et connaissent désormais nos équipements, nos méthodes de travail et nos exigences de sécurité. Ils ont acquis de réelles compétences et un véritable savoir-faire.
L’arrêt de nombreux contrats signifie donc davantage qu’une simple diminution des effectifs : l’usine va perdre des salariés formés, compétents et opérationnels.
Leur formation représente également un investissement collectif. Des salariés expérimentés ont consacré du temps à les accompagner et à leur transmettre des connaissances.
Lorsque l’activité repartira demain, il faudra peut-être recruter et former de nouvelles personnes alors que nous disposons aujourd’hui de salariés qui connaissent déjà parfaitement leur environnement de travail.
L’intérim ne peut pas être uniquement une variable d’ajustement. Derrière chaque contrat qui s’arrête, il y a aussi potentiellement une compétence et un savoir-faire que l’usine perd.
Pas d’activité partielle d’ici la fin de l’année
Ces dernières semaines, la possibilité d’un recours à l’activité partielle circulait dans plusieurs chantiers et suscitait des interrogations.
À ce stade, cette hypothèse serait écartée jusqu’à la fin de l’année.
Concernant les congés de fin d’année, leur organisation devrait être précisée lors du prochain CSE. Quant au HF2, l’hypothèse d’un arrêt pendant cette période ne serait pas retenue à ce stade.
Ces différents éléments devront naturellement être confirmés officiellement par la Direction.
Un CSE extraordinaire demandé par la CGT
Face aux changements prévus à partir de la semaine 44, les élus CGT ont demandé la tenue d’un CSE extraordinaire à la mi-octobre.
Cette réunion devra permettre de connaître et de discuter de l’organisation envisagée avant sa mise en œuvre : nombre de contrats d’intérim concernés, secteurs touchés, mobilités des salariés en CDI, formations nécessaires et conséquences sur les conditions de travail.
L’organisation de la semaine 44 devra être discutée avant la semaine 44, et non présentée une fois que tout est déjà décidé.
Une activité qui évolue dans un contexte incertain
Commande publique et politique de l’eau
La baisse actuelle de l’activité doit également être replacée dans un environnement économique plus large.
En France comme en Europe, les contraintes qui pèsent sur les dépenses publiques peuvent affecter les capacités d’investissement, notamment celles des collectivités territoriales.
Cette question est importante pour notre activité puisqu’une partie des investissements dans les réseaux d’eau dépend directement ou indirectement de la commande publique. Lorsque les collectivités manquent de visibilité sur leurs budgets et leurs financements, certains projets peuvent être décalés ou étalés dans le temps.
Les besoins sont pourtant considérables : renouvellement des réseaux vieillissants, réduction des fuites, sécurisation de l’alimentation en eau potable ou adaptation des infrastructures au changement climatique.
Les besoins existent donc bien. Toute la question est de savoir à quel rythme ils se transformeront en investissements puis en commandes pour nos usines.
À cela s’ajoute l’incertitude politique en France à l’approche des prochaines échéances électorales. Sans en faire la cause de notre niveau actuel d’activité, le manque de visibilité sur les futures orientations budgétaires n’aide pas à la stabilité de la commande publique.
Énergie, matières premières et situation internationale
Le contexte international apporte lui aussi son lot d’incertitudes. Les tensions géopolitiques peuvent rapidement avoir des conséquences sur les prix de l’énergie et des matières premières sidérurgiques, mais également sur les transports et les chaînes d’approvisionnement.
Pour une industrie fortement consommatrice d’énergie comme la nôtre, ces variations peuvent peser directement sur les coûts de production et la compétitivité.
La question énergétique devient d’autant plus stratégique que notre outil industriel poursuit sa transformation et son électrification. Disposer durablement d’une énergie à un prix compétitif et suffisamment stable constitue donc un enjeu industriel majeur.
Ces différents éléments n’expliquent pas à eux seuls la baisse actuelle de notre activité, mais ils constituent l’environnement dans lequel se construisent aujourd’hui nos perspectives commerciales et industrielles.
Et c’est dans ce contexte que se prépare déjà l’année 2027.
Budget 2027 : nous partons de très bas
Cette partie de l’article contient des éléments qui pourraient être utilisés par nos concurrents. L’article complet est disponible sur la version papier distribuée aux portes de l’établissement.
Signé Furax !
Du pouvoir d’agir au pouvoir de se défausser, il n’y a qu’un pas !
Vous l’avez peut-être déjà vu passer : « le pouvoir d’agir » est la nouvelle campagne de communication sécurité du groupe Saint-Gobain. Et pour ceux qui auraient réussi à passer entre les mailles du filet, pas d’inquiétude – ou ne vous réjouissez pas trop vite : des quarts d’heure sécurité consacrés au sujet sont actuellement déployés un peu partout dans l’usine.

Sur le principe, difficile d’être contre.
Donner à chacun la possibilité de signaler une situation dangereuse, d’intervenir face à un écart ou de proposer une amélioration relève tout simplement du bon sens.
Le « bon sens paysan » qu’aimait rappeler un ancien directeur de notre établissement.
Certes, nous avons parfois un mauvais esprit, mais une question se pose tout de même : derrière une démarche qui se veut vertueuse, le pouvoir d’agir des uns ne risque-t-il pas de devenir le pouvoir de se défausser des autres ?
Car avant de demander à un opérateur d’agir face à une situation dangereuse, encore faut-il que les risques aient été correctement identifiés, que les mesures de prévention adaptées aient été définies, que les équipements nécessaires soient disponibles et que l’encadrement veille réellement au respect des règles.
Le pouvoir d’agir ne peut donc pas devenir la formule magique qui efface tout ce qui aurait dû être fait avant.
Pourtant, lorsqu’un écart est constaté, il peut être tentant de rappeler que « chacun a le pouvoir d’agir ».
Certains responsables, qui ne méritent pas qu’on les nomme, pratiquent déjà de la sorte.
Et voilà la responsabilité qui devient, grâce à la fée Clochette du pouvoir d’agir, miraculeusement collective.
Tout le monde pouvait intervenir et, puisque tout le monde pouvait intervenir, on finit presque par oublier ceux dont c’était précisément le rôle.
Dévoyé par certains, qui cachent leurs insuffisances en matière de prévention des risques, derrière la responsabilité collective, le pouvoir d’agir devient une sorte de lessiveuse à responsabilités, programme « management participatif », avec essorage à 1 400 tours. La belle affaire !
Le plus curieux, c’est que ce fameux pouvoir semble parfois évoluer selon la place occupée dans l’organigramme.
Lorsqu’un opérateur s’écarte d’une règle, on sait généralement lui rappeler rapidement ses obligations, et c’est bien normal.
Lorsque plusieurs responsables voient le même écart sans intervenir, les choses deviennent soudainement beaucoup plus compliquées.
À croire que plus on monte dans la hiérarchie, plus le pouvoir augmente, mais moins on est obligé de s’en servir.
C’est là que, le plus souvent, apparaît une vieille maladie du management : être fort avec les faibles et faible avec les puissants.
Il faut dire que nous disposons de quelques spécialistes bien connus dans notre établissement, qui n’arrivent malheureusement pas à en guérir.
Ne soyons pas trop durs avec ces malheureux, car les vieilles maladies, c’est comme les punaises de lit : ça revient tout le temps.
Et il est vrai qu’il est toujours plus facile d’exercer son autorité sur celui qui dépend directement de vous.
Recadrer un opérateur, lui rappeler une consigne ou lui expliquer qu’« en sécurité, on ne transige pas » ne demande finalement pas un courage exceptionnel.
Le rapport hiérarchique fait une bonne partie du travail.
L’exercice devient curieusement plus délicat lorsque l’écart vient d’un contremaître, d’un cadre, d’un responsable ou de quelqu’un situé un peu plus haut dans la chaîne alimentaire.
Là, la voix porte moins fort, certains deviennent même aphones, le règlement semble soudain comporter davantage de nuances et le fameux pouvoir d’agir connaît parfois une spectaculaire baisse de tension, au point de se résumer au pouvoir de porter son regard ailleurs.
La pleutrerie est un mal plus répandu qu’on ne le croit !
Pourtant, le courage managérial ne consiste pas à être courageux uniquement avec ceux qui ne peuvent pas vous répondre.
Il consiste justement à faire respecter une règle lorsque cela devient inconfortable, y compris face à quelqu’un qui possède autant, voire davantage, de pouvoir que soi.
La sécurité ne peut pas fonctionner avec deux poids, deux mesures : la rigueur pour ceux d’en bas et la diplomatie, voire l’amnésie, pour ceux d’en haut.
Une règle de sécurité n’est pas censée consulter l’organigramme avant de savoir si elle doit s’appliquer.
Et puis il y a ces fameux « petits écarts » que l’on finit par tolérer.
Une petite exception ici, un petit arrangement là, une règle que l’on adapte aux circonstances et parfois à celui qui doit l’appliquer.
Quelques galons semblent alors procurer un étrange totem d’immunité : l’opérateur est recadré, parfois sévèrement, tandis que, quelques étages plus haut, on préfère « contextualiser ».
Le problème n’est d’ailleurs pas seulement l’écart lui-même. C’est le message envoyé à tous ceux qui regardent.
Car lorsqu’un responsable exige d’un opérateur ce qu’il n’ose pas exiger d’un autre responsable, chacun comprend rapidement que la règle n’est peut-être pas aussi intangible qu’on le prétend.
À force d’accepter quelques centimètres d’écart par rapport à la cible, il ne faut pourtant pas s’étonner de finir un jour à plusieurs mètres.
Un ancien directeur, le même qui faisait référence au « bon sens paysan », aimait dire que : « le poisson pourrit toujours par la tête ».
Jetée comme cela, la formule est brutale. L’homme était parfois rugueux, mais cette formule rappelle cette évidence simple, basique : l’exemplarité, l’exigence et le respect des règles se diffusent d’abord depuis le sommet.
Alors oui, parlons du pouvoir d’agir pendant les quarts d’heure sécurité. Mais parlons-en jusqu’au bout et dans toute sa dimension.
Car plus on monte dans la hiérarchie, plus ce pouvoir devrait devenir un devoir d’agir : prévoir, organiser, donner les moyens, intervenir, faire respecter les règles et avoir, lorsque cela est nécessaire, le courage de dire non.
Sinon, le « pouvoir d’agir » risque de devenir une belle campagne de communication permettant de distribuer les responsabilités vers le bas tout en conservant soigneusement le pouvoir de décision en haut.
Reste une dernière question, un peu pernicieuse, presque philosophique, il faut bien le reconnaître, mais chacun devrait se la poser, à commencer par notre directeur d’établissement et son CODIR :
Ceux qui ont le pouvoir ont-ils toujours le courage d’agir ?
Vite lu / vite su …
Mutuelle : Changement de gestionnaire à partir du 1er janvier 2027 !
À compter du 1er janvier 2027, Vivinter remplacera Harmonie Mutuelle pour la gestion du régime frais de santé des salariés de SG PAM.
La direction justifie ce changement par une gestion actuelle jugée inefficace et trop manuelle, avec des risques d’erreurs et des différences de traitement avec les autres salariés du Groupe.
Pour les salariés, les garanties, les ayants droit et la structure tarifaire restent identiques et le transfert sera automatique lorsqu’aucun changement de situation n’est à déclarer.
Vivinter deviendra donc le nouvel interlocuteur pour les remboursements, le tiers payant et les démarches liées au contrat.
Une communication sera adressée aux salariés en novembre, avant l’ouverture des nouveaux espaces assurés à partir de mi-décembre.
La CGT restera attentive à ce que ce changement présenté comme une simplification ne se traduise pas, dans les faits, par une dégradation du service rendu aux salariés.
Mutuelle des retraités : ce qu’il faut retenir !
Concernant les anciens salariés de SG PAM, les garanties santé restent assurées par Malakoff Humanis Mutuelle, qui deviendra également le gestionnaire du contrat, avec des garanties spécifiques aux retraités.
À ce stade, aucune modification des garanties au 1er janvier 2027, hors éventuelles évolutions réglementaires ou législatives.
En revanche, une inconnue importante demeure : le montant des cotisations pour 2027.
Malakoff Humanis doit communiquer les conditions de renouvellement et donc les nouveaux tarifs lors de la Commission Santé des Retraités du quatrième trimestre 2026.
La CGT restera vigilante afin que le maintien des garanties ne s’accompagne pas d’une hausse excessive de la facture pour nos anciens collègues.
170 ans de PAM : la bamboche à Laurent … après 170 mails !
Pour les 170 ans de PAM, la CGT réclame depuis les vœux qu’un événement digne de ce nom soit organisé.
Il aura finalement lieu… mais visiblement, il fallait être patient.
D’après les « bruits de couloir », notre Dir’Com, Laurent Piquard, n’était pas très motivé pour organiser l’événement !
Depuis début septembre, les mails s’enchaînent : un premier, puis un autre, puis encore un autre… À ce rythme-là, les 170 ans auront bientôt droit à 170 mails !
Premier épisode : fête réservée aux salariés, « strictement interne ». Les familles ? À la maison.
Puis, changement de scénario : le 23 septembre, conjoints et enfants deviennent finalement les bienvenus.
Et ceux déjà inscrits sont priés… de se réinscrire !
Deux jours plus tard, nouveau mail, cette fois avec programme détaillé, barbecue, animations, cadeaux et concours de fléchettes. On nous aura tout de même épargné la danse des canards !
À la Direction de la Communication, on semble avoir découvert l’événement en même temps que les salariés.
Improvisation ? Manque d’envie ? Ou stratégie géniale pour décourager les inscriptions ?
À force de changer les règles et de multiplier les messages, on finirait presque par croire que l’objectif était que personne ne vienne !
Pour les 170 ans d’une entreprise, tout cela ne fait quand même pas très sérieux.

La CGT invite les salariés qui le peuvent à s’inscrire nombreuses et nombreux, en flashant le QR Code, pour faire de la « bamboche à Laurent » les vrais 170 ans de notre entreprise, avec celles et ceux qui la font vivre au quotidien !
Un directeur ne devrait pas dire ça …
Merci pour ce moment … de solitude !

Il y avait eu Merci pour ce moment, puis Un président ne devrait pas dire ça… À PAM, on tient peut-être la suite : Un directeur ne devrait pas dire ça…
Lors du dernier CSE, les élus CGT ont posé au Directeur de l’Usine, accessoirement Président du CSE, une question pourtant simple : où se situe l’équilibre économique de l’Usine de PAM ? Autrement dit, combien faut-il produire de tonnes de fonte et de tuyaux pour absorber les frais fixes et couvrir les coûts de production ?
Rien de bien exotique, même pas une question piège. Ses prédécesseurs avaient déjà eu droit à la même question lors des présentations budgétaires, ou lorsque les débats évoquent la question de l’activité. En 2017, par exemple, l’équilibre était estimé à 300 000 tonnes de fonte au trou de coulée. Depuis, les paramètres ont évolué et ce seuil se situe désormais nettement plus bas.
Mais cette fois, surprise : impossible d’obtenir un chiffre. La réponse du Directeur ? Il n’y aurait pas d’équilibre économique puisque l’Usine de PAM est un « centre de coûts ».
Ah… Merci pour ce moment.
Petit rappel tout de même : avant d’être un centre de coûts, PAM est une unité de production. On y produit de la fonte et des tuyaux – au cas où l’une de ces deux activités aurait échappé à la sagacité de notre bon Directeur.
Et qui dit production dit aussi création de valeur ou de richesse, pour les marxistes « pur sucre ». Le budget lui-même le rappelle avec une ligne que la Direction connaît bien : la VSP, pour « Valeur mise Sur Parc ». Tout est dans le nom : VALEUR.
Grâce au travail des salariés, qui font tourner les machines, conduisent les installations, entretiennent l’outil industriel et transforment la matière, de la fonte est produite, puis transformée en tuyaux. Bref, de la valeur est créée.
Réduire l’usine de PAM à un simple « centre de coûts », c’est donc regarder la facture en oubliant ce que l’usine produit.
Voilà donc une usine capable de chiffrer ses coûts, ses volumes, sa productivité, ses objectifs et la valeur qu’elle produit… mais dont l’équilibre économique disparaît mystérieusement dès que la CGT pose la question.
Une sorte de comptabilité quantique : le seuil existe peut-être, mais surtout, ne cherchez pas à l’observer.
Pourtant, la CGT ne demandait ni un secret industriel ni la formule du Coca-Cola. Simplement à partir de quel niveau de production notre usine couvre ses coûts.
Car on ne peut pas demander aux salariés de courir toujours plus vite sans jamais leur dire où se trouve la ligne d’arrivée.
Alors, soit ce seuil est connu et il serait temps de le communiquer, soit il ne l’est réellement pas. Et dans ce cas, une question demeure :
Comment pilote-t-on une usine sans savoir à partir de quel niveau d’activité elle couvre ses coûts ?
Un directeur ne devrait pas dire ça…
Mais surtout, un directeur devrait peut-être savoir répondre à ça.






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