Edito …
De quoi sera fait 2024 ?
Le premier C.S.E. de l’année est traditionnellement l’occasion de présenter le budget 2024 de l’Usine et de tracer les grandes perspectives, du moins les ambitions pour l’Usine de Pont à Mousson en 2024.
La première étape est tout d’abord de tirer un bilan de l’année 2023 et de voir comment notre établissement se situe par rapport aux objectifs qui lui ont été fixés.
Le bilan 2023 :
Nous le disons depuis 10 ans, l’année qui vient de s’écouler ne restera pas dans le « best seller » des années fastes de notre entreprise. 195 000 tonnes de fonte produites dont 170 000 à partir des hauts fourneaux, 130 000 tonnes de tuyaux réalisées, c’est un point bas qui a été atteint, en décalage de près de 25 % par rapport aux objectifs fixés au début de l’année 2023.
L’écart de prévisions le plus significatif reste l’activité de la 6 mètres.
Certes, nous n’avons pas atteint les objectifs du budget, mais nous avons encore moins produit qu’en 2022 qui n’était pas du reste une année flamboyante.
En matière de productivité, les écarts restent significatifs – 5,9 % par rapport au budget et plus problématique, – 3,2 % par rapport à 2022. Au final, le décalage représente un surcoût de plus de 10 millions d’euros par rapport aux prévisions.
Lorsque l’on regarde les différents postes de dépenses, les écarts les plus significatifs se situent en rebuts 6 mètres (environ 4 millions d’euros), des coûts supplémentaires de maintenance (4 millions également), dans une moindre mesure le coût des matières.
Le seul poste excédentaire reste les énergies avec un boni de près de 9 millions d’euros.
Pour la CGT, à leur décharge si nous pouvons nous exprimer ainsi, les salariés n’ont pas vraiment pu travailler dans des conditions optimales pour atteindre les objectifs. Rappelons que la direction commerciale, s’est très lourdement trompée sur les prévisions d’activité. De plus, l’entêtement de certains à maintenir une recette de lit de fusion 100 % pellets a entraîné deux blocages de nos deux moyens de fusions. Sans compter que pour préserver le « cash » les investissements sur les hauts fourneaux n’ont pas été réalisés en temps et en heure. C’est pourquoi, nous nous sommes retrouvés une partie de l’année sans aucun haut fourneau en état de fonctionner.
Quels perspectives en 2024 :
Le budget 2024 reste prudent tout en donnant la perspective d’une augmentation d’activité de 20 %. L’activité prévue aux hauts fourneaux devrait être plus soutenue avec près de 200 000 tonnes au trou de coulée.
Lors de la réunion de C.S.E., la CGT a rappelé que l’équilibre économique de notre établissement se situait à 300 000 tonnes au trou de coulée. Etant donné les prévisions budgétaires, nous n’aurions pas ou pas de marge de manœuvre pour atteindre des résultats économiques positifs.
En matière de productivité, la direction table sur une amélioration de 5 % par rapport à 2023. Cet objectif semble atteignable pour peu que nous maîtrisions nos rebuts.
En ce qui concerne les dépenses de maintenance, la CGT reste en désaccord profond avec l’affichage budget qui vise à réduire drastiquement ces dépenses.
La CGT a rappelé que nous n’étions pas une grande surface et que nous utilisions ou pas les machines au cours de l’année, leur mise à niveau technique reste indispensable, faute de quoi, les pannes à répétition et les arrêts de production coûteraient nettement plus chers que les dépenses de maintenance.
La direction affiche un niveau d’investissements de moins de 10 millions (hors réfection du HF2), ce qui reste nettement insuffisant pour un établissement comme le nôtre.
Au moment de donner son avis sur le budget 2024, la CGT a souligné un budget volontariste dans l’affichage, mais sans réel levier d’action pour atteindre les objectifs.
Les sous investissements manifestes auront des conséquences sur les dépenses des années futures. La CGT n’est pas certaine que la Direction Générale ait pris réellement conscience des besoins de notre Usine pour produire dans des conditions optimales.
Au final, les salariés risquent de courir toute l’année derrière des objectifs inatteignables !
Résultats économiques et faits marquants de décembre :
Ces informations étant sensibles et pouvant être utilisées par nos concurrents, elles ne sont disponibles uniquement sur la version papier.
Où en est-on avec nos Hauts Fourneaux ?
Le Haut Fourneau n°2 :
Le Haut Fourneau va bien et fonctionne correctement depuis le 20 janvier. Il semblerait que les opérations de déblocage aient porté leurs fruits.
Aucune montée en pression n’a été constatée depuis le 15 janvier.
La recette de production a été modifiée avec en matières ferrifères : 20 % de boulettage et 80 % de pellets (50 % LSF et 50 % US STEEL) avec l’utilisation en combustible de gros coke frais et une injection charbon de 60 kg / tonne de fonte.
Rappelons également que d’ici fin mars, une nouvelle recette sera mise au point afin de sortir définitivement du 100 % avec pour objectif de mettre le moins de fines possible dans nos hauts fourneaux.
Pour y arriver, un groupe de travail composé d’experts internes et externes a été mis en place.
Le Haut Fourneau n°3 :
Concernant le Haut Fourneau n°3, la vidange mécanique n’a pas porté ses fruits mettant en évidence la présence d’un bloc conséquent et massif de mâchefer.
Le recours à l’explosif n’a pas été non plus concluant malgré 3 tirs déjà réalisés. La progression reste particulièrement difficile. De nouveaux tirs auront lieu prochainement afin de décrocher de nouveaux blocs.
À ce jour, un peu moins d’1/3 du garni a été évacué.
Point Santé-Sécurité …
A-t-on progressé en matière de santé et de sécurité en 2023 ?
Il est possible de répondre de plusieurs manières à cette question. Il y a les chiffres bruts, les taux de fréquence et il y a également la réalité de ce qui se passe sur le terrain, la prise en compte des situations à risque, la manière d’aborder la prévention.
Les chiffres bruts :
124 accidents en 2023 pour 137 en 2022. Sur ce seul indicateur, nos résultats se sont améliorés. Si l’on « creuse » un peu, nous voyons que la situation s’est surtout améliorée pour les accidents bénins, qui sont passés de 106 en 2022 à 94 en 2023. En ce qui concerne les accidents avec arrêt, c’est à dire les accidents les plus graves, ils sont stables, 6 en 2022, 6 en 2023.
Les taux de fréquence :
Là il y a plusieurs écoles, tout dépend de comment on compte.
Le TF1 PAM, celui obtenu avec l’ardoise magique du guide des lésions du Groupe Saint Gobain, document oh combien important qui permet à l’ensemble des établissements du Groupe de tricher de la même manière, le TF1 PAM se situe donc à 3,18 en 2023 pour un objectif de 5. Pour mémoire, en 2022 le TF1 PAM était de 4,17.
Le TF1 CPAM, celui qui est calculé avec le Code de la Sécurité Sociale, en d’autres termes le TF1 légal, qui permet de nous comparer avec n’importe quelle autre entreprise, le vrai TF1 de l’Usine de Pont à Mousson est de 11,30.
C’est à la demande de la CGT que se taux est suivi dans les différentes présentations.
Comme nous pouvons désormais nous comparer, nous sommes largement en dessous du TF1 de l’ensemble des entreprises de la Métallurgie qui est 19,5.
Dans ces conditions, à quoi sert le TF1 PAM ? Quel est l’intérêt d’annoncer un taux de 3,18 alors qu’il est en réalité de 11,30 ?
Il permet de se comparer à d’autres entreprises du Groupe, dans d’autres pays, où la législation n’est pas la même que chez nous. Bref, il ne sert à rien, si ce n’est de présenter une réalité biaisée.
Suivi des mesures conservatoires :
Au 24 janvier 2024, 16 mesures conservatoires sont toujours en vigueur dans notre établissement : 6 en centrifugation, 10 à Métal-énergie.
Globalement, la situation s’améliore concernant cet indicateur même si, 6 mesures conservatoires sont présentes depuis plus de 6 mois dont 5 pour le secteur Métal énergie.
Le plan d’actions pour l’année 2024 :
La refonte du parcours d’intégration des nouveaux arrivants avec une visite de l’usine et la mise en place d’une « école sécurité » appelée par le passé dojo.
La réduction de l’exposition aux Agents Chimiques dangereux tels que la silice. Un focus particulier sera mis sur le plancher 6 mètres. La CGT a d’ores et déjà averti que les mesures de prévention ne nous pouvaient pas se résumer au port du masque ventilé pour l’ensemble des salariés du secteur. Il est indispensable de travailler à la protection collective des salariés.
Optimiser les performances dans la gestion des entreprises extérieures. Cela passe par des formations spécifiques.
Renforcer la performance des vêtements de travail. Si la tenue proban sans bande réfléchissante sera généralisée, il faut également travailler pour des tenues plus efficientes, répondant mieux aux enjeux de sécurité.
Déploiement de la mise en place du standard LOTO en production. Il s’agit d’être plus efficace et mieux organisé en matière de consignation.
Alors a-t-on vraiment progressé ?
Pour la CGT, les résultats sont en demi teinte. Certes, il y a eu moins d’accidents en 2023, mais le nombre d’accidents avec arrêt est le même qu’en 2022.
Notre taux de fréquence (TF1 CPAM) est inférieur à la moyenne de la métallurgie mais il est sans doute possible d’être plus efficace si nous nous en donnons vraiment les moyens.
Concernant les mesures conservatoires, il n’est pas normal d’avoir autant de mesures non résolues au bout de 6 mois. Là aussi, il est indispensable de monter d’un cran.
Enfin, en ce qui concerne le plan de prévention, il a le mérite d’exister. Cependant, il sera très loin de répondre réellement aux enjeux en matière de prévention pour un établissement comme le nôtre.






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