Édito …

Avec le projet Orion, nous nous engageons dans une nouvelle phase de transformation de notre entreprise, et en particulier de l’usine de Pont-à-Mousson.
Modernisation, transition écologique : le cap est posé.

Comme Christophe Colomb en son temps, on nous promet de nouveaux horizons. Mais une réalité demeure : aucune traversée ne se réussit sans équipage.

Aujourd’hui, le défi est clair. Il ne s’agit pas seulement de transformer l’entreprise, mais de le faire en intégrant pleinement les enjeux environnementaux.
Produire mieux, réduire notre impact, adapter nos pratiques : la transition écologique n’est plus une option, elle fait désormais partie du cap et des responsabilités de l’entreprise.

Mais sur le terrain, les salariés restent dans l’incertitude.
Quels impacts sur les métiers ? Quelles conditions de travail ? Quels moyens réels pour réussir ?

Ces questions ne sont pas des freins. Elles sont indispensables. Elles traduisent l’exigence légitime de celles et ceux qui connaissent le travail réel et qui devront porter ces transformations au quotidien.
Car une chose est certaine : on ne réussira pas cette bifurcation sans les salariés.

Un cap décidé seul, sans le terrain, c’est un cap qui ne tient pas. C’est le risque de se tromper de route, de désorganiser les équipes, de perdre en efficacité et de fragiliser durablement le travail.
Bref, sans associer les salariés, Orion n’arrivera pas à bon port !

Les porteurs du projet Orion doivent bien intégrer qu’il faut partir du réel, prendre pleinement en compte la dimension humaine et reconnaître celles et ceux qui font, chaque jour, la richesse de l’entreprise et la qualité de ses productions.

Cela passera par des actes concrets : de la transparence, la prise en compte réelle des aspiration des salariés, un dialogue social proactif, des moyens à la hauteur des ambitions et une véritable reconnaissance du travail et des parcours professionnels.

Le projet Orion ne pourra réussir que s’il est partagé, compris, porté et soutenu par les salariés. Sans cela, il restera une coquille vide, un cap sur le papier.

Avec les salariés, il peut devenir une véritable perspective d’avenir, solide, efficace et durable.

Dates des Congés …

Poste supplémentaires d’avril et mai :

Faits marquants et résultats économiques :

Ces informations étant sensibles et pouvant être utilisées par nos concurrents, elles ne sont disponibles uniquement sur le version papier distribuée aux portes de l’établissement.

La question du mois :

Le projet Orion constitue un véritable tournant stratégique pour PAM. Il vise à moderniser l’outil industriel avec l’introduction d’un four électrique (EAF) en remplacement des deux Hauts-Fourneaux actuels. Il entraînera une transformation profonde des métiers et des compétences.

L’arrivée de cette nouvelle technologie implique la création de nouveaux métiers et une adaptation importante des équipes.

Arnaud Bernard, Directeur du Centre de Formation, enfin du Centre de Développement des Compétences (CDC) comme on dit maintenant est venu présenter la partie formation / compétences.

Arnaud Bernard, qui n’a rien à voir avec son homonyme inversé, vulgaire vendeur de sac à main pour vieilles dames argentées, est un globe-trotter qui a exercé son art à différents endroits de la planète qui maintenant pose ses valises à PAM pour prendre les reines du CDC dans l’optique du développement d’Orion.

Notre Tryphon Tournesol de la formation va donc mettre au point l’architecture de cette dernière pour accompagner les salariés concernés vers les nouveaux métiers liés à Orion.

Orion reste un projet innovant avec des métiers qui sont encore en construction et qui nécessitent un accompagnement massif des équipes.

Le développement d’Orion d’ici 2029 est un projet long qui va nécessiter la coordination d’une multitude d’acteurs à la fois internes et externes, ainsi que des exigences fortes en matière de compétences.

La méthode de formation retenue par le Directeur du CDC est celle de « l’entreprise apprenante », développée par Nanoka et Takeuchi.

La logique de cette méthode telle que présentée par le Directeur du CDC est un apprentissage progressif, une construction collective des savoirs et une adaptation continue.

Un modèle SECI va être développé et repose sur 4 piliers :

  • La socialisation : partage des savoirs tacites.
  • L’externalisation : formalisation.
  • La combinaison : structuration et adaptation.
  • L’internalisation : appropriation par la pratique. Chaque nouveau métier aura à construire son prototype de fonctionnement.
  • Un transfert de responsabilité vers les salariés.
  • L’hétérogénéité des compétences.
  • La dépendance aux acteurs externes.
  • La pression du calendrier.
  • Le manque de formalisation (qui est déjà un problème à PAM).
  • Une dégradation des conditions de travail.

Nous devrons donc être particulièrement vigilants pour que cette méthode soit efficace et ne se transforme pas en rouleau compresseur pour les salariés.

Cette partie a été présentée par Jean Sébastien David, le Responsable de l’ensemble du projet Orion.

L’équipe Orion continue de se renforcer. Les principales actions en cours actuellement sont :

  • L’affinement du chiffrage du projet avec un focus sur le génie civil.
  • Le lancement de l’analyse de risques lié à la constructibilité.
  • La finalisation de la négociation concernant les ponts sidérurgiques.

Plusieurs essais techniques permettant de déterminer les limites hautes et basses de la chimie de notre fonte sont en cours. Ils seront déterminants pour définir la recette fonte et commencer à chercher les fournisseurs de matières qui pourront répondre à notre cahier des charges.

Cependant, des points de vigilance subsistent sur les coûts, les délais, les risques et l’accompagnement des salariés.

La réussite de ce projet dépendra grandement de notre capacité à réussir l’investissement sur le plan technique, mais aussi sur le plan humain, avec la prise en compte de ce facteur incontournable dans la transformation.

Décryptage :

À l’occasion du dernier C.S.E. le Directeur de la D.C.F. (Direction Commerciale France) est venu faire une présentation sur ce que l’on pouvait attendre du marché français en 2026 pour notre entreprise. Cette présentation venait en complément de la présentation de la Logistique Centrale qui avait eu lieu le mois dernier.

Il est vrai que nous avons plus l’habitude des termes techniques liés à la production. Nos établissements étant souvent cloisonnés entre eux, l’activité commerciale semble parfois un peu nébuleuse et elle est souvent méconnue dans les usines. L’inverse est également vrai.

La D.C.F. est donc l’abréviation de la Direction Commerciale France. Cette dernière regroupe environ 130 salariés qui dépendent du Siège Social et qui vendent l’ensemble de nos gammes de produits (tuyaux, raccords, etc …) sur le marché français.

La D.C.F. est structurée en 5 grandes régions commerciales avec des Agences locales afin de suivre en proximité les projets et les clients.

Actuellement, le marché est dominé par la fonte ductile qui représente environ 43 % suivi par le PE, 26 % et le PVC 19 %.
Malgré les scandales récents concernant la pollution de l’eau liée aux canalisations en plastiques ainsi que les débats sur les polluants éternels, force est de constater que les matériaux plastiques, représentent encore 45 % du marché soit un peu plus que la fonte.

Ces précisions étant faite, poursuivons la « photographie » du marché décrite par le Directeur de la D.C.F.

Le marché français est centré sur l’eau potable, l’AEP dans notre jargon technique, qui représente 89 % du marché à l’heure actuelle.

Nos principaux clients sont les entreprises qui gèrent l’eau pour les collectivités (ex : Véolia, Suez, etc …), les entreprises de Travaux Publics, les négociants. Les collectivités (en direct) ne représentent que 1 %.

En ce qui concerne Saint Gobain PAM et ses ventes sur le marché français, c’est le tuyau qui domine, représentant 59 % de chiffre d’affaire.

Le contexte global montre un ralentissement de l’activité.
La D.C.F. a constaté une baisse du carnet de commandes dès la fin 2025. De plus, les intempéries de début d’année couplée aux élections municipales qui ne sont jamais un moment propice pour l’activité avec le renouvellement des exécutifs font que le ralentissement se fait sentir et se voit.

Très clairement, la commande publique est en baisse, il y a moins d’appel d’offres dans le domaine de l’eau et l’assainissement.
Ce marché représente tout de même près de 24 000 appels d’offres de tailles différentes. Un certain nombre de projets importants (supérieurs à 4 000 tonnes) sont identifiés mais l’on constate des retards de lancement de la part des collectivités.

Il est vrai que le contexte budgétaire des collectivités territoriales n’est pas à la fête avec une incertitude grandissante qui n’incite pas à l’investissement.
La baisse des dotations est réelle, la diminution de la DESIL qui soutient l’investissement local, du Fonds Vert ainsi que le prolongement du système DILICO (Dispositif de Lissage Conjoncturel) qui retarde l’arrivée des recettes fiscales des collectivités.

Comme vous l’aurez compris, le contexte général n’est pas à l’investissement pour les collectivités territoriales, c’est pourquoi, la D.C.F. travaille aussi sur des marchés « privés » : application industrielle, les mines, les barrages ou encore le nucléaire, pour ne citer que ces exemples.

Malgré un début d’année difficile, nous le voyons tous dans les usines avec une faible activité à la 6 mètres, mais aussi à Foug et Santander, la D.C.F. prévoit une reprise au second semestre.

Malgré quelques dispositifs incitatifs tels que les Fonds Verts ou le Plan Eau, nous n’avons pas constaté de regain d’activité sur le marché français.

Pourtant de réels problèmes existent tels que les sécheresses en été qui privent certains habitants d’eau, en particulier dans les régions qui souffrent de stress hydrique une partie de l’année. Le rendement des réseaux qui reste inférieur à 80 %, c’est à dire qu’un litre d’eau sur 5 n’arrive pas au robinet reste aussi problématique.
Pour autant, cela ne se traduit pas toujours par de grands travaux d’investissement.

Nos tentatives d’implantation sur les applications industrielles sont difficiles compte tenu d’une concurrence très agressive et des règles qui ne sont pas les mêmes que sur les marchés publics.

Des transformations sont nécessaires sur le marché de l’eau, tant public que privé, mais elles prendront du temps à se mettre en place.

D’ici là, il nous faudra continuer à prendre des commandes pour faire fonctionner nos usines et la reprise annoncée au second semestre, si elle a lieu, se verra sans doute de façon décalée dans les unités de production , étant donné le niveau déjà très élevé de nos stocks.

En recoupant les données commerciales et logistiques, il semblerait que nous soyons tout de même en capacité de maintenir un poste à la 6 mètres sur l’ensemble de l’année 2026. C’est déjà ça !

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