L’édito …

579 CDI : c’est désormais l’effectif permanent de l’usine. Un chiffre qui constitue le niveau le plus bas atteint depuis de nombreuses années.

Pourtant, l’activité est toujours là, même si elle est un peu faible ces derniers temps. Les commandes doivent être produites, les installations tournent et les objectifs restent les mêmes.
Ce qui diminue, ce ne sont pas les besoins de travail, mais le nombre de salariés en CDI.

Pour compenser cette baisse des effectifs, l’entreprise s’appuie de plus en plus sur l’intérim. Dans de nombreux secteurs, les intérimaires sont devenus indispensables au fonctionnement quotidien de l’usine. Ils occupent des postes essentiels, acquièrent les compétences nécessaires et participent pleinement aux résultats de l’entreprise.

Parmi eux, certains sont en CDI intérimaire. Sur le papier, ce statut est présenté comme plus sécurisant qu’une succession de missions. Mais dans la réalité, il sert parfois à maintenir des salariés dans une situation intermédiaire pendant des années.

Il n’est pas rare de voir des collègues présents depuis trois, quatre ans, sur les mêmes secteurs, avec les mêmes horaires, les mêmes contraintes et les mêmes responsabilités que les salariés de l’entreprise, sans pour autant obtenir une embauche en CDI.

Après plusieurs années de présence, ces salariés connaissent les installations, maîtrisent les procédés et font partie intégrante des équipes. Ils ne sont plus là pour répondre à un besoin temporaire : ils répondent à un besoin durable.

Car lorsque des postes sont occupés pendant plusieurs années par des CDI intérimaires, il devient difficile de parler de besoins ponctuels. Cela ressemble davantage à un choix de gestion consistant à conserver une main-d’œuvre durablement disponible sans lui accorder le statut correspondant au travail réellement effectué.

Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre que, dans le même temps, les effectifs en CDI continuent de diminuer.

Le constat est pourtant évident : si le travail existe durablement, les emplois durables devraient exister eux aussi.

Activité :

Bilan du mois et résultats économiques :

Ces informations étant sensibles et pouvant être utilisées par nos concurrents, elles ne sont disponibles uniquement sur la version papier, distribuée aux portes de l’établissement.

Quelles perspectives en matière de commandes ?

Le mois d’avril confirme les difficultés rencontrées sur le plan commercial. Les entrées en carnet restent insuffisantes pour maintenir l’activité actuelle.

Ainsi, il semble se confirmer que la reprise après les congés se fera sur le HF2 avec un poste 6 mètres et 2 postes GDN, avec un passage à 1 GDN probablement en octobre.

Le carnet des tuyaux fonte DN 150 à 600 montre une légère amélioration par rapport aux points bas observés fin 2025. Toutefois, les niveaux actuels demeurent inférieurs à ceux de 2024, signe d’une reprise encore fragile.

Dans ce contexte, les grands projets internationaux prennent une importance stratégique. Plus de 32 000 tonnes de commandes fermes sont aujourd’hui enregistrées pour 2026, auxquelles s’ajoutent plus de 13 000 tonnes de prévisions.

Si ces projets permettront d’alimenter l’activité dans les prochains mois, ils soulignent également la dépendance croissante de l’entreprise aux marchés export, tandis que le marché français peine toujours à retrouver son dynamisme.

La question du mois :

Pour beaucoup de salariés, ces périodes sont particulièrement pénibles. Les conditions de travail se dégradent fortement et le repos après le travail devient parfois compliqué, les logements de notre région n’étant pas toujours adaptés à ces épisodes de fortes chaleurs.

Rappelons que le Code du travail ne fixe pas de température à partir de laquelle il est interdit de travailler. En revanche, l’employeur a l’obligation de garantir la santé et la sécurité des salariés et doit mettre en place toutes les mesures nécessaires pour prévenir les risques liés à l’exposition à la chaleur.

À l’usine de Pont-à-Mousson, les épisodes caniculaires sont particulièrement difficiles à vivre pour de nombreux salariés. Les secteurs HFX, Métal-Énergie, l’ensemble des ateliers de coulée et, plus largement, la plupart des secteurs de production sont directement confrontés à des températures très élevées.

Nos collègues des Expéditions connaissent eux aussi des conditions particulièrement difficiles. Chargements, manutentions, circulation sur les parcs de stockage : une grande partie de leur activité est réalisée en extérieur, souvent en plein soleil et sur des surfaces qui accumulent la chaleur.

La fatigue, les risques de déshydratation, les malaises ou encore la diminution de la vigilance sont autant de conséquences possibles qui justifient la mise en place de mesures de prévention adaptées.

Les dispositifs s’appliquent dès que la température extérieure atteint 30 °C et sont renforcés en cas de « chaleur extrême » (35 °C et plus) ou lorsqu’une période de canicule est officiellement déclarée.

La principale difficulté reste toutefois leur mise en œuvre. Jusqu’à présent, les notes de service devaient être renouvelées chaque année, ce qui pouvait retarder leur application ou créer des disparités entre les secteurs.

Les ateliers de centrifugation figurent parmi les secteurs les plus exposés aux fortes températures. La proximité des installations de production, la chaleur dégagée par les équipements et l’intensité physique de certains postes rendent les périodes caniculaires particulièrement éprouvantes.

Sur les lignes de centrifugation, les équipes de la coulée, de l’ébarbage, de la cimentation, du vernis, de la HMC et des RS bénéficient d’une pause supplémentaire de 20 minutes lors des journées de forte chaleur.

Pour permettre ces temps de récupération, les équipes sont renforcées par un remplaçant dédié aux relèves. Lorsque cela n’est pas possible, des arrêts temporaires de production peuvent être organisés afin que les salariés puissent bénéficier d’une pause collective dans de bonnes conditions.

Pour les secteurs les plus exposés, les mesures sont renforcées en cas de chaleur extrême.

À la coulée 6 mètres, les machinistes et les canalistes bénéficient ainsi d’une pause supplémentaire de 10 minutes par heure travaillée.
L’organisation des équipes est adaptée afin de maintenir un effectif suffisant sur les postes tout en permettant les remplacements nécessaires.

Concernant la 6 mètres, les travaux de captation de la silice ont entraîné la suppression des rafraîchisseurs d’air dont bénéficiaient auparavant les canalistes et les machinistes.

À la coulée 7 mètres et à la coulée 8 mètres, les opérateurs disposent de locaux climatisés accessibles par rotation afin de réduire leur temps d’exposition à la chaleur. Des renforts spécifiques peuvent également être mobilisés pour assurer les remplacements et permettre des temps de récupération supplémentaires.

Dans le secteur Métal-Énergie, les conditions de travail sont directement influencées par la présence de la fonte liquide et des installations à haute température. L’organisation retenue tient donc compte des différentes situations d’exposition.

Les salariés postés en 3×8 ainsi que les salariés travaillant en cycle posté de journée bénéficient d’une seconde pause de 20 minutes, avec renfort d’effectif pour assurer les relèves. À défaut, une pause collective peut être organisée avec arrêt temporaire de l’activité.

Pour les équipes travaillant à proximité de la fonte liquide, notamment sur les planchers de coulée et les chaînes de coulée, l’accent est mis sur la prévention. Des rappels sécurité spécifiques sont réalisés, les pauses sont encouragées entre les opérations les plus exposées et l’approvisionnement en eau est renforcé.

Des ventilateurs spécifiques sont également installés sur certains postes et des gilets rafraîchissants sont mis à disposition afin de limiter les effets de la chaleur sur l’organisme.

Lors des épisodes de chaleur extrême, une troisième pause de 20 minutes est ajoutée afin de limiter les risques liés à l’exposition prolongée aux fortes températures.

Au Magasin Général, l’organisation repose davantage sur la prévention et l’adaptation des conditions de travail.

Les salariés sont invités à s’hydrater régulièrement grâce aux bouteilles d’eau et aux fontaines mises à disposition. Les tâches les plus physiques sont, lorsque cela est possible, réalisées aux heures les moins chaudes de la journée afin de limiter les efforts durant les pics de température.

Les pauses régulières dans les zones ventilées ou ombragées sont encouragées et chaque salarié est invité à signaler immédiatement tout symptôme lié à la chaleur : maux de tête, vertiges, nausées, crampes ou fatigue inhabituelle.

Une adaptation de la tenue de travail est également prévue lorsque les contraintes de sécurité le permettent, tout en maintenant le niveau de protection nécessaire aux activités exercées.

À l’heure où nous imprimons cette publication, la note concernant les Expéditions ne nous a toujours pas été transmise.

La réponse de la direction a été pour le moins lapidaire : « Nous appliquerons les mêmes dispositions que l’année dernière. »

Pourtant, les mesures appliquées en 2025 n’étaient pas satisfaisantes au regard des conditions de travail particulièrement difficiles que connaissent les salariés du secteur.

Les équipes des Expéditions travaillent quotidiennement en extérieur, souvent sans possibilité de s’abriter durablement du soleil. Les températures ressenties sur les aires de stockage ou à proximité des matériaux exposés peuvent rapidement devenir très élevées.

Les pauses doivent être effectivement accordées, les remplacements réellement assurés et les équipements de protection disponibles en quantité suffisante. Une note de service, aussi complète soit-elle, ne protège personne si elle reste dans un classeur ou affichée sur un panneau.

Face à des épisodes caniculaires qui deviennent plus fréquents, plus précoces et plus intenses, la protection de la santé des salariés ne doit jamais être considérée comme une variable d’ajustement de la production.

Vite lu / Vite su :

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