Il y a, dans bien des entreprises, et la nôtre ne fait pas exception, une catégorie bien particulière de personnages.
Discrets en apparence, mais omniprésents, et même omnipotents dans les faits.

Sur les conditions de travail ? Rien. Les effectifs insuffisants ? Pas un mot. Le matériel vieillissant ou le respect des prescriptions réglementaires telles que le décret 93-40 ? Oubliés.

En revanche, pour un casque mal ajusté ou une ligne franchie, ils sont là, zélés et sûrs d’eux.
Toujours prompts à discourir et à faire la leçon à tout le monde. De vrais « y a qu’à, faut qu’on », à la fois juges et procureurs.

Leur vision de la sécurité est aussi simple que réductrice : quand un accident survient, ils l’analysent presque systématiquement sous le seul prisme de la responsabilité individuelle.

Comme si chaque accident était d’abord la faute d’un salarié : la victime, un collègue ou son chef. Pour ces petits messieurs, la responsabilité n’est jamais celle d’une organisation défaillante, de moyens insuffisants ou de choix de gestion discutables.

À les entendre, on croirait retrouver ces mauvais médecins décrits par Molière, pour qui la saignée était la réponse à tous les maux. Peu importe la cause, peu importe le patient : on veut appliquer la même recette, encore et encore.

Le problème, ce n’est pas la sécurité. Elle est essentielle, c’est même une obligation pour l’employeur. Le problème, c’est quand elle devient une façade : une suite de règles appliquées sans réflexion, déconnectées du terrain et de celles et ceux qui effectuent réellement le travail.

À force de contrôler sans écouter, de faire la leçon à tout le monde, d’utiliser des références qui n’en sont pas, de mettre en accusation des secteurs uniquement sur du ressenti, on ne protège plus.

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