édito :

Plusieurs articles parus récemment dans notre quotidien local ont mis en avant quelques investissements réalisés par Saint Gobain PAM Canalisation en matière de décarbonation.

Le four Thor à Pont à Mousson, qui est opérationnel depuis quelques années maintenant et le projet Vulcain à Foug, qui vise à substituer les cubilots.

Avec ces deux investissements, si l’on en croit les déclarations de notre Directeur Général, Saint Gobain PAM Canalisation disposera de la plus importante capacité de production de fonte ductile décarbonée en Europe.

Rappelons que cette subvention était bloquée suite au différend qui nous opposait au concurrent indien Electrosteel.

Les articles ne disent pas si Electrosteel a vu lui aussi sa subvention débloquée.
D’après nos informations, il semblerait que la subvention de notre concurrent n’ait pas été versée et qu’aucune installation n’ait été construite à Arles.

Les politiques européennes devront protéger les filières industrielles et imposer des clauses miroirs ou de réelles mesures de réciprocité !


Malgré les dénégations coupables de Bruno Lemaire, il semblerait que la stratégie du « cheval de Troie » qu’avait décrite la CGT n’était pas une « vue de l’esprit ».

L’un des enjeux majeurs à présent reste la décarbonation complète des moyens de fusion de l’Usine de Pont à Mousson et pour la CGT, la production de fonte de première fusion décarbonée.

C’est un élément crucial pour la pérennité de notre belle entreprise dans les futures années, spécialement compte tenu des sommes à investir.

L’impact sur nos prix de revient risque de ne pas être neutre et l’impact social, n’est, pour le moment pas mesuré, mais objectivement, il ne sera pas neutre non plus.

Afin de pouvoir continuer à rester compétitifs face à nos concurrents indiens ou chinois, qui ne seront pas soumis aux mêmes normes que nous, il sera indispensable que les politiques européennes défendent l’industrie, protègent les filières et restreignent l’accès au marché européen des produits fabriqués dans des conditions différentes des nôtres.

Dans le cas contraire, si l’Europe reste bloquée sur le dogme de « la concurrence libre et non faussée », à horizon 20 ans, plus aucune production ne pourra être réalisée en Europe.

Les jours fériés travaillés :

Ligne 6 mètres (PDN + MDN) :
Lundi 1er avril, mercredi 08 mai, jeudi 09 mai et lundi 20 mai.

Ligne 7 mètres :
Lundi 1er avril, mercredi 08 mai, jeudi 09 mai et lundi 20 mai.

HMC :
1 seul poste les lundi 1er avril, mercredi 08 mai, jeudi 09 mai et lundi 20 mai.

Le saviez vous ?

L’employeur ayant déclaré les jours fériés travaillés, ceux qui ne travailleront pas dans les secteurs concernés devront poser un congé.
Cependant, il percevront une « indemnité férié » correspondant à une journée de travail.

Dates des congés :

ServicesSecteursArrêtRedémarrage
Haut FourneauArrêt du HF2 le 22 juillet à 8h.Les équipes Feux Continus seront de retrour le mercredi 14 août à 12h.
Redémarrage du HF3 le 15 août à 6h.
Thor26 juillet à 4h./
CentrifugationHMCSemaine 31Lundi 19 août.
Centrifugation6 mètresArrêt de la coulée PDN le 19 juillet.
MDN 2 jours travaillés 22-23 juillet sur la base du volontariat.
Lundi 19 août.
CentrifugationGDN1 équipe 7 mètres semaine 30 constituée avec des volontaires.
1 équipe de revêtements jusqu’au 30 juillet.
Arrêt de la coulée 7 mètres le 26 juillet.
Lundi 19 août avec deux équipes.
CentrifugationRSVendredi 19 juilletLundi 19 août.

Le bilan du mois de février :

Les éléments contenus dans cette rubrique pouvant être utilisés par nos concurrents, ils ne sont disponible uniquement sur la version papier.

La question du mois :

Montée en puissance, heures supplémentaires, jours fériés travaillés, création d’une seconde équipe au GDN, tous les indicateurs semblent démontrer une augmentation d’activité.

Vu les déboires que nous avons rencontrés l’année dernière, avec une forte allure en début d’année qui ne correspondait à pas grand chose en carnet de commandes et qui, in fine, a conduit à de l’activité partielle, la CGT a demandé qu’un point spécifique soit réalisé lors du dernier C.S.E. afin de s’assurer que l’augmentation de l’allure de l’Usine était bien en ligne avec le carnet de commandes.

Un niveau de facturation jamais atteint depuis 2019 :

Les tableaux et autres graphiques présentés par le responsable logistique de la société montrent que beaucoup d’indicateurs sont au « vert », mais surtout que le rythme des usines est adossé à des commandes bien réelles.

Le principe de prudence respecté :

Depuis un certain nombre de mois, les prévisions et les réalisations en petits diamètres sont quasiment parfaitement alignées.
Concernant les moyens diamètres, une marge de sécurité de 25 % a été établie afin de ne pas se retrouver en « sur-stock ».

Des installations saturées jusqu’aux congés et des perspectives intéressantes pour le second semestre :

Compte tenu de l’indisponibilité du HF3, nos capacités de production de fonte sont limitées, entraînant la quasi saturation de l’ensemble des usines jusqu’aux congés.
Concernant le second semestre, un certain nombre de commandes sont déjà en carnet. Les perspectives d’entrées en commandes (pas encore inscrites au carnet) restent particulièrement sympathiques.

Les budgets du C.S.E. :

Les deux budgets ont été adoptés par 9 voix POUR et 2 ABSTENTION (FO).

Chèques Vacances :

Les critères pour l’année 2024 :

  1. Les salariés choisiront entre des chèques vacances ou une carte CADO.
  2. Un quotient familial sera calculé par le service R.H. avec la formule suivante :
    (brut fiscal 2023 / composition familiale*) / 12

*La composition familiale est celle déclarée au fichier R.H.

  1. Aucune participation financière ne sera demandée aux salariés.
  2. Les salariés embauchés en 2024 (hors mutation) seront automatiquement affectés au quotient le plus faible.
QF inf à 300QF de 301 à 700QF de 701 à 2000QF de 2001 à 3000QF sup à 3000
190 €180 €170 €160 €150 €

Projet DIP CO2 :

DIP CO2 est le nom du projet visant à la décarbonation de nos productions. Il est mené par une équipe pluridisciplinaire du centre de recherche.
Une première présentation a eu lieu lors du C.S.E. du mois de septembre 2023, il s’agit donc de la seconde mouture un peu plus précise, même si après cette réunion, il nous reste plus de questions que de réponses.

Les données du problèmes :

Il est utile de rappeler quelques éléments utiles à la bonne compréhension du sujet.

Les émissions de carbone sont réparties en trois éléments appelés scopes :

  • Le scope 1 : qui représente les émissions directes des usines (ex : utilisation de matières prémières, combustion, etc …).
  • Le scope 2 : qui représente les émissions liées à la production d’énergie. Cette donnée est différente en fonction des régions ou des pays.
  • Le scope 3 : qui représente les émissions indirectes (ex : transport, préparation des matières, etc …).

D’après différentes études et différents calculs qui ne sont pas très précis mais qui ont le mérite de nous donner un ordre de grandeur, l’empreinte carbone de l’Usine de Pont à Mousson représenterait environ 820 000 tonnes de CO2 par an.

820 000 tonnes de CO2, cela représente par exemple :

  • 3 768 382 353 km en voiture avec un moteur thermique.
  • La production de 8 068 731 console de jeux.

Dernier point et non des moindres, nous aurons épuisé nos quotas carbone « gratuit » fin 2029.
Après cette date, chaque tonne émise sera facturée.
En moyenne sur ces dernières années le cours de la tonne de CO2 représentait une somme de 100 €.

Début 2024, cette somme représentait 60 €, mais comme nous pouvons le voir avec les matières premières, de fortes fluctuations sont à prévoir plus l’on s’approchera de la date butoire.

Quelles solutions s’offrent à nous ?

Deux types de solutions pourraient être développées :

  • La modification des Hauts-Fourneaux en remplaçant l’injection de charbon par de la biomasse, en limitant le coke avec l’utilisation de HBI et en remplaçant le gaz par de l’hydrogène. Ces modifications pourraient nous faire espérer une diminution de 10 à 50 % de nos émissions pour un investissement estimé entre 50 et 100 millions d’euros.
  • S’orienter vers la fusion électrique avec l’élaboration d’une fonte compatible avec nos contraintes techniques. Cette solution permettrait de réduire de 50 à 90 % nos émission de CO2.

Concernant la fusion électrique, en fonction de la solution choisie, les investissements représentent une somme comprise entre 50 et plus 500 millions d’euros.
Le total de subvention que tolérera la Commission Européenne sera de 30 %, si la législation n’évolue pas jusque là.

Première ou deuxième fusion, telle est la question !

D’aucun pourrait penser que cette question est accessoire, un débat de spécialiste, réserver aux ingénieurs, mais c’est l’une des questions centrales, structurante et déterminante pour l’avenir. Compte tenu des sommes à engager, il n’y aura pas de seconde chance en cas d’erreur.

À ce stade et nous allons y venir, la direction a acté le passage en fusion électrique reste à savoir si la nouvelle installation sera de première ou de seconde fusion.

Aujourd’hui, nos installations de centrifugations ou de fonderie sont conçues pour produire avec de la fonte de première fusion.
Avec de la seconde fusion, les normes ne seront plus les mêmes, les cadences vont fortement diminuer et certaines productions ne pourront purement et simplement plus être réalisées.

Des essais de fonte synthétiques réalisés ces derniers mois :

Des essais avec de nouvelles chimies de fonte ont été réalisés ces derniers temps. Si ces derniers semblent concluants pour les petits diamètres (et encore, il faut être prudent, vu les faibles quantités produites), des limites ont été atteintes assez rapidement lors des essais avec des tuyaux de 7 mètres.

D’autres essais vont être réalisés dans les prochains mois.

Quelles sont les orientations de la direction industrielle de SG PAM Canalisation ?

Cependant, les deux projets sont complémentaires et pourraient tout à fait se réaliser en deux temps.

Les critères du Groupe Saint Gobain pour la décarbonation :

Le Groupe a mis deux critères pour la décarbonation de l’Usine de Pont à Mousson :

  • Que l’investissement permette de réduire d’au moins 70 % les émissions de CO2 en scope 1 et 2.
  • Que le montant de l’investissement ne dépasse pas 120 millions d’euros.

Compte tenu des critères du Groupe, pour le moment, seul un four de type induction répond au critère financier.

Rappelons qu’il s’agit ni plus, ni moins d’un changement de technologie et que les investissements environnementaux ne doivent pas s’amortirent de la même manière que les autres investissements.

La demande d’investissement sera déposée auprès du groupe au mois de juin.

Reprise des performances de la 6 mètres :

Les piètres performances en matière de rebuts depuis la fin de l’année 2021 ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, provoquer quelques colères, ainsi que le «délestage» de certaines productions sur l’Usine espagnole de Santander.

D’où partons-nous ?

La réponse la plus appropriée serait sans doute « de loin » ! En effet, voici quelques éléments qui permettent de nous situer :

En petits diamètres, sur 29 mois de production, nous avons atteint seulement à trois reprises les objectifs du budget (novembre 2021, janvier 2022 et mars 2023). À quelques reprises nous sommes «passés» pas loin (décembre 2021, février 2023, mars 2024). La plupart du temps, malheureusement nous étions largement au-dessus avec des pic à 20, 25 et parfois même, plus de 30 % de rebuts.
En moyens diamètres, la situation était peu ou prou identique à une exception notable, les trois premiers mois de 2024 sont meilleurs que les objectifs fixés.

Face à cela, un plan de reprise des performances avait été lancé afin d’enrayer la «spirale» infernale et de revenir à une situation un peu plus industrielle.

Les grandes lignes du plan de reprise :

Une des premières mesures a été de travailler sur l’ordonnancement et notamment la séparation des production UNI et STD ainsi que des PDN et des MDN.

La remise en place du correcteur fonte a permis de mieux maîtriser les paramètres métal.
Des actions sont également en cours concernant la maîtrise du «noir» à canal et noyautage.

Un travail spécifique sur l’atelier coquilles et sur la préparation de ces dernières a permis des améliorations.

Une meilleure prise en compte des remontées du terrain, la mise en place de routines managériales vont également dans le bon sens.

Il reste maintenant à atteindre les objectifs (nous n’en sommes pas loin) et surtout stabiliser le rebut dans les mois à venir.

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