Toutes et tous le 16 février !

Malgré une immense mobilisation partout dans le pays, le gouvernement s’entête à vouloir imposer sa réforme et à nous condamner, sans autre forme de procès à deux ans de plus au boulot ! Cette réforme injuste, inutile et brutale est rejetée en masse par les salariés. Selon les derniers sondages, 93 % des actifs sont opposés à cette réforme soit environ 70 % des Français.
Les deux dernières journées d’action ont rassemblé des millions de manifestants dans le pays et près de plusieurs dizaines de milliers dans les rues de Nancy.
Face à l’entêtement du gouvernement, il nous faut répondre en force en arrêtant massivement le travail (même une heure) et en participant à la manifestation départementale prévue à Nancy !
L’objectif du gouvernement : réduire notre temps passé à la retraite !
De nombreuses critiques ont été émises sur ce projet voulant imposer une réforme antisociale. Il reste un point trop peu abordé à notre goût, qui devrait pourtant toutes et tous nous alerter.
Cette réforme est la première qui impacte directement le temps réel passé à la retraite, elle diminue celui-ci pour bon nombre de travailleurs et spécialement ceux exerçant des métiers pénibles comme les nôtres.
En effet, si la réforme Touraine avait partiellement lié l’augmentation de la durée de cotisation à l’augmentation de l’espérance de vie, les modifications proposées dans la réforme Macron devrait entraîner un raccourcissement de la durée passée en retraite et dépasser les gains d’espérance de vie.
Quels effets de la réforme Macron sur la durée passée à la retraite ?
La réforme portée par le gouvernement Borne devrait entraîner le report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans.
Selon les hypothèses retenues par le COR, le report d’un an de l’âge légal entrainerait en moyenne le report de l’âge réel de départ à la retraite de 6 mois.
La réforme Macron entraînera donc une diminution importante de la durée moyenne passée à la retraite et cela pour plusieurs générations.
La génération née en 1949 passera en moyenne 25 ans et 9 mois à la retraite alors que la génération née en 1968, selon les projections du gouvernement passera en moyenne 22 ans et 3 mois à la retraite !
Quels effets à long terme sur la durée moyenne passée à la retraite ?
Pour les salariés nés entre 1950 et 1968, il faudra donc s’attendre à être moins longtemps en retraite que la génération précédente.
Finalement, l’objectif de cette réforme consiste bien à imposer la baisse de la durée passée à la retraite sans pour autant réellement prendre en compte la pénibilité du travail.
C’est aussi considérer que seul le travail salarié aurait une valeur contre toutes les réalités de notre société : les retraités travaillent, mais librement et contribuent de manière essentielle à notre société au travers les associations.
La participation très importante des retraités au tissu associatif reste déterminante. Bénéficier des quelques années de bonne santé afin de les mettre au service des autres, hors des contraintes d’un employeur c’est vertueux et utile.
La guerre des mots : impôts, charges, cotisations !
Dans cette période de lutte sociale importante pour défendre notre système de retraite, on entend tout et surtout n’importe quoi de la part du gouvernement.
Pêle-mêle, le gouvernement serait le seul à défendre la retraite par répartition et ceux qui défendent la retraite à 60 ans, comme la CGT, voudrait fiscaliser les recettes pour les retraites.
Il est temps de rétablir la vérité et de démasquer les imposteurs. Revenons d’abord sur la distinction fondamentale entre impôt et cotisations sociales que d’autres appellent charges ! Revenons donc aux origines de la Sécurité Sociale.
L’impôt, qu’est-ce c’est ?
Selon l’INSEE, un impôt est un versement obligatoire et sans contrepartie aux administrations publiques. Il sert principalement à financer les dépenses publiques et peut constituer également un moyen de régulation de l’activité économique.
Les impôts peuvent être de deux catégories :
- Proportionnels : dans ce cas tous les contribuables payent le même taux d’imposition. C’est le cas de la TVA ou de la CSG sur les salaires qui est à 9,2% aujourd’hui.
- Progressifs : dans ce cas, le taux est différencié selon le niveau de revenu.
Les impôts peuvent être de deux types, directs ou indirects :
- Direct : un impôt direct est un impôt ou redevable (celui qui verse) et contribuable (celui qui paye) sont identiques.
- Indirect : un impôt indirect est un impôt où il y a une différence entre redevable et contribuable, la TVA par exemple !
Enfin, et c’est sans doute là, la différence fondamentale, l’impôt ne donne accès à aucun droit et permet en principe d’alimenter le budget de l’état et des collectivités.
Il est en effet collecté par l’état et les collectivités et doit assurer à la fois une redistribution des richesses par le financement des services publics et peut permettre d’orienter la politique économique, industrielle, Environnementale ou de recherche par exemple.
L’impôt est payé sur le revenu et les salaires, contrairement à la cotisation sociale qui est une part du salaire brut.
Aujourd’hui les impôts (notamment la CSG et la TVA) financent de plus en plus la Sécurité sociale. On assiste ainsi à une fiscalisation du financement de la Sécurité sociale qui traduit une prise de contrôle de l’État sur la Sécurité Sociale.
La cotisation sociale, c’est du salaire !
La cotisation sociale est très différente de l’impôt. Il s’agit aussi d’un versement obligatoire mais avec contrepartie : la Sécurité sociale !
La cotisation sociale donne des droits. Il donne accès à des prestations auxquelles ont droit les salariés ainsi que leurs familles et qui couvrent de façon collective et solidaire un certain nombre de risques (entendu au sens évènements) inhérents à l’activité et à l’existence. Font partie de ces prestations : la couverture de la maladie, de l’invalidité, l’indemnisation des accidents du travail, du chômage, les dépenses induites par la naissance ou l’adoption d’enfants (allocations familiales), la retraite etc.
La cotisation sociale est prélevée sur la valeur produite et correspond à un salaire socialisé. A côté du salaire direct versé dans les poches des travailleurs, les cotisations sociales correspondent à la part du salaire qui est socialisé pour financer la prise en charge de la maladie, de la vieillesse, de la famille et de l’ensemble des besoins.
Les « charges sociales » sont une fable. Le travail n’est pas une charge mais l’origine de la valeur produite. Les cotisations sociales qui prennent la forme de « charges sociales » dans la bouche du patronat correspondent à une part du salaire qui n’est pas directement récupéré par le travailleur mais socialisé pour financer la Sécurité sociale.
La cotisation sociale ce n’est ni plus, ni moins que du salaire et s’est d’ailleurs pour cela que les patrons se plaignent autant d’en payer !








Laisser un commentaire